Et si être CPA, c'était aussi politique?

Apr 02, 2025

Réflexion d’une CPA qui, un matin d’avril 2025, a trouvé un étonnant vent d’espoir dans le Financial Times.

Je lisais un article sur la crise identitaire des grands cabinets d’avocats aux États-Unis (article paru dans le journal du 2 avril 2025). Et au lieu de soupirer, j’ai souri. J'ai souri parce que je cherche désespérément des nouvelles qui ne sont pas que déprimantes en ces temps incertains au niveau politique. Et j'ai trouvé. Un mince filet d'espoir, mais j'ai trouvé quand même!

Parce que j’y ai lu quelque chose d’important : des jeunes avocats qui ne veulent plus simplement grimper les échelons à coup de 80 heures/semaine et de factures à 900$ de l’heure. Ils commencent à poser des questions pas plates du tout :

  • À quoi sert notre métier, collectivement?

  • Peut-on encore se dire "neutres" quand notre travail contribue à fragiliser la démocratie?

Une profession en rétraction morale

Dans le contexte politique américain actuel, plusieurs cabinets d’avocats hésitent à s’impliquer dans des causes sensibles. Pas parce qu’ils ne veulent pas. Mais parce qu’ils ont peur de perdre leurs clients les plus payants. Peur de se retrouver dans la ligne de mire de la Maison Blanche.

Et alors une question se pose : que devient l’indépendance du droit quand la peur de déplaire prend le dessus sur le rôle de contre-pouvoir?

Je me reconnais dans cette crise 🤯

Moi aussi, comme CPA, je sens ce besoin croissant d’aligner mes compétences avec mes convictions. De ne pas me cacher derrière une posture technique. De me rappeler que les chiffres ne sont jamais neutres. Ils peuvent construire quelque chose de durable… ou contribuer à tout vider de sens.

Je sais que certains trouvent qu’on devrait rester "objectifs", au-dessus de la mêlée. Mais j’ai de la misère avec cette idée. Parce que, soyons francs : ne pas choisir, c’est aussi choisir.

Quand on aide une entreprise à "optimiser" au point d’éviter toute contribution sociale, ou qu’on conseille en se fermant les yeux sur les conséquences humaines… on ne fait pas que notre travail.

On adhère à une logique.

On cautionne un modèle.

La conscience comme compétence

Ce qui me rassure, c’est que de plus en plus de pros (avocats, comptables, fiscalistes) se posent ces questions.

Pas en militant.

En réfléchissant.

En faisant les choses autrement.

En refusant que l’excellence doive être déconnectée de la conscience.

✨ Et ça, je trouve que c’est terriblement encourageant. ✨